Nov. 10, 2020

​En Israël les eaux usées sont collectées, traitées et réutilisées pour l'agriculture.

Une équipe pluridisciplinaire au sein de la Task Force Coronavirus créée par le Professeur Daniel Chamovitz, Président de BGU, a effectué pendant le 1er confinement en avril puis pendant la reprise de l'épidémie en juillet des analyses sur des échantillons d'eaux usées. 

Cette recherche co-pilotée par le Docteur Oded Nir de l'institut Zuckenberg pour la recherche sur l'eau au sein des instituts Jacob Blaustein pour la recherche en milieu désertique à BGU et le Professeur Ariel Kushmaro de l'institut Goldstein-Goren de biotechnologie a mis en évidence la capacité de survie du virus au travers de la détection de fragments d'ARN. 

Certes en faible quantité "mais suffisamment pour provoquer une réinfection des animaux vers les humains éventuellement après une mutation" déclare le Dr.Oded Nir.  

"On doit prendre en compte le risque d'une dispersion incontrôlée dans l'environnement, ce virus est résilient et contagieux" ajoute-t-il.

Dr.Oded Nir

​Dr.Oded Nir


"Nous pouvons identifier le SARSCov2 dans les eaux usées et cela servira de système d'alarme précoce pour empêcher de futures reprises de l'épidémie" déclare pour sa part le Pr Ariel Kushmaro, microbiologiste. 

Cette étude a prouvé que les traitements des eaux usées dans la plupart des pays développés ne sont pas suffisants pour réduire la concentration du virus en deçà du détectable. 

Quelles sont les recommandations de l'équipe de chercheurs ?

Tester systématiquement les personnes qui travaillent dans le domaine des eaux usées ; ajouter une étape supplémentaire en plus du traitement conventionnel pratiqué sur les eaux usées, ce doit être un traitement au chlore pour éliminer l'ARN restant du coronavirus SARS-Covid-2

"Dans une grande partie du monde le chlore n'est pas ajouté et nous demandons instamment aux stations d'épuration du monde entier de commencer à l'ajouter" conclut le Pr. Ariel Kushamaro. 

BGU vient de signer un accord avec le Ministère de la Santé israélien pour surveiller les eaux usées de 14 villes dont Beer Sheva, Kfar Saba, Netanya, Jérusalem, et détecter une éventuelle présence du virus au travers de traces d'ARN. Il s'agit d'une étude pilote qui sera ultérieurement étendue à tout le pays. 

Les résultats des recherches conduites au sein de BGU arrivent au moment où de nombreux scientifiques à travers le monde constatent que "les eaux usées sont une sorte d'angle mort dans la connaissance des coronavirus" a écrit l'un d'entre eux. Il s'agit donc bien là d'une contribution importante de BGU dans la progression de la connaissance de ce virus.