Jan. 05, 2020

​​Beaucoup d'enfants autistes ont du mal à s'endormir, se réveillent fréquemment au milieu de la nuit et se lèvent tôt le matin. Une nouvelle étude du centre national de recherche sur l'autisme d'Israël de BGU montre que leurs ondes cérébrales sont moins profondes, en particulier pendant la première partie de la nuit, ce qui indique une difficulté à atteindre un sommeil profond et réparateur. Cette étude vient d'être publiée dans Sleep, une revue de premier plan dans ce domaine. 

Ilan Dinstein

Des études précédentes ont montré que 40% à 80% des enfants autistes souffrent d'une forme de trouble du sommeil, ce qui engendre de graves difficultés pour les enfants et leurs familles. Déterminer les causes qui créent ces troubles du sommeil est une première étape essentielle pour trouver comment les atténuer.

Une équipe dirigée par le professeur Ilan Dinstein (photo ci-dessus), directeur du centre national de recherche sur l'autisme d'Israël et membre du département de psychologie de BGU, a examiné l'activité cérébrale de 29 enfants autistes et les a comparés à celle de 23 enfants non autistes. L'activité cérébrale des enfants a été enregistrée pendant qu'ils dormaient une nuit entière dans le laboratoire du sommeil du Centre médical de Soroka, dirigé par le professeur Ariel Tarasiuk. 

Le sommeil normal commence par des phases de sommeil profond qui sont caractérisées par des ondes cérébrales lentes et de grande amplitude. Les enregistrements ont révélé que les ondes cérébrales des enfants autistes sont en moyenne 25 % plus faibles (moins profondes) que celles des enfants au développement normal ce qui indique qu'ils ont une difficulté à atteindre un sommeil profond. Ceci est un critère clef pour obtenir un sommeil reposant et réparateur. 

« Il semble que les enfants autistes, et notamment ceux dont les parents ont signalé de graves problèmes de sommeil, ne se fatiguent pas assez pendant la journée et ne dorment pas aussi profondément », affirme le professeur Dinstein. « Les enfants ayant des problèmes de sommeil les plus graves ont une activité cérébrale qui indique un sommeil plus superficiel et moins profond

Dès lors que l'équipe a identifié la physiologie sous-jacente à ces troubles du sommeil, ils planifient plusieurs études de suivi pour découvrir des moyens de générer un sommeil plus profond et des ondes cérébrales plus importantes, allant de l'augmentation des activités physiques pendant la journée aux thérapies comportementales, et aux alternatives pharmacologiques telles que le cannabis médical. Cette étude a été soutenue par l'initiative de recherche sur l'autisme de la Fondation Simmons.